la maltraitance chez le nourrisson et sa prévention

laysynonymes : bébé secoué – bébé battu – shaken baby syndrome – silverman – child abuse

la maltraitance est une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les nourrissons. le diagnostic de maltraitance est une obligation légale en urgence. cette gravité entièrement due à des causes humaines. l’information et la prévention doivent devenir une cause nationale.

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doctor

les causes de la maltraitance

le facteur déclenchant habituel est constitué par les pleurs incessants du nourrisson. ceci explique le pic d’incidence à l’âge de 2-3 mois.

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graphique superposant les mois de naissance (pic en septembre) et celui de la maltraitance (pic en novembre), montrant que l’âge de 2 mois, qui est celui du maximum des cris du nourrisson, est aussi celui du maximum du secouement

les pleurs du nourrisson

simples vagissements à la naissance, ils prennent de l’ampleur et de la vigueur dans les premiers mois, à mesure que l’enfant affirme sa personnalité ; c’est un mode de communication non verbale.

les pleurs peuvent devenir envahissants et obsédants pour l’entourage ; on a pu quantifier (https://www.reseau-naissance.fr/) la durée quotidienne des pleurs, qui culmine dans les troisième et quatrième mois, Cf. ci-dessous ; noter le parallélisme des courbes d’âge entre pleurs et maltraitance (ci-dessous à droite).

les facteurs favorisants

tenant à l’enfant et à son entourage

le maltraité

c’est le plus souvent un jeune nourrisson, plus souvent un garçon

il existe des facteurs de risques liés à la période périnatale, nuisant en particulier à l’établissement des liens parents-enfant.

profil bébé
dans notre travail (92 cas d’accident avec témoins indépendants VS 103 cas de maltraitance avouée chez des nourrissons), on notait une prévalence accrue de pathologie de la grossesse, de l’accouchement et de la période post-natale chez les enfants maltraités (à gauche) ; par contre, il n’y avait pas de différence entre enfant secoué et enfant battu (àa droite)

ces facteurs de risque permettent de définir un groupe à risque, objet d’une prévention ciblée.

le maltraitant

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le maltraitant dans 103 cas avec aveux

il s’agit en règle générale d’un proche, de sexe masculin dans 70% des cas.

il existe souvent un contexte psychologique voire psychiatrique favorisant, pourtant la maltraitance peut arriver dans tous les milieux
sociaux. la cible idéale pour les actions d’information et de prévention est donc l’ensemble de la population.

en raison de facteurs de risque accru, les antécédents familiaux sont un élément important de l’évaluation médico-sociale des cas de maltraitance, mais aussi d’un soutien de parentalité dans un but préventif dans les cas repérés comme fragiles.

profil perpétréteur
si on compare accident et maltraitance (à gauche) on note que le profil socio-psychologique parental du trauma accidentel et celui de la maltraitance sont très différents. par contre, il n’y a pas de différence entre le profil du secoueur et celui du batteur (à droite).

les conséquences

les syndromes (ou associations de lésions)

on décrit différents syndromes:

  • le syndrome du bébé secoué qui associe un hématome sous-dural (intra-crânien en dehors du cerveau), des hémorragies rétiniennes et souvent des lésions cérébrales (oedème, épilepsie), le plus souvent sans impact crânien
  • le syndrome du bébé battu ou syndrome de Silverman, qui associe des signes d’impact (ecchymoses), des fractures et un hématome sous-dural
  • les lésions rachidiennes de gravité variable, parfois dramatiques, souvent associées à un traumatisme particulièrement violentSBS presentation

il s’agit dans tous les cas d’une maltraitance grave qui peut tuer ou laisser handicapé à vie.

en cas de suspicion de maltraitance, la loi oblige à réaliser un signalement judiciaire. le parquet diligente une enquête et fait réaliser une expertise médico-légale.

le diagnostic de maltraitance est toujours délicat, mais le plus souvent direct et facile.

le devenir des patients

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la mortalité

elle est actuellement établie à 10% environ dans nos statistiques, ce qui est inférieur aux chiffres habituellement publiés.

ceci reflète non pas tant une meilleure prise en charge, mais plutôt un diagnostic plus exhaustif, incluant les cas les moins sévères, qui sont probablement sous-estimés dans les séries antérieures ; il est pourtant très important de rechercher systématiquement, devant un traumatisme apparemment banal, une maltraitance qui, si non diagnostiquée, risque d’être répétée avec des conséquences fatales.

la mortalité survient surtout chez les enfants admis en état neurologique grave (coma, état de mal épileptique). elle a sensiblement baissé depuis la prise en charge très intensive et précoce avec monitoring invasif de la pression intra-crânienne

la morbidité (séquelles)sequelles SBS

elle est au minimum de 20%, mais un suivi prolongé est nécessaire pour évaluer le devenir de ces patients. les principales
séquelles sont le retard de développement, le retard moteur, les séquelles visuelles, l’épilepsie et les troubles psycho-comportementaux.

la prévention du syndrome du bébé secoué est donc un enjeu majeur

pour en savoir plus

assister au cours sonorisé en ligne

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