actu neurochirurgie pédiatrique et COVID 19

logo CHRUL croppedmots-clé :

coronavirus – SARS – neurochirurgie pédiatrique

la problématique

s’agissant d’un virus respiratoire hautement contagieux, cette épidémie :

  • affecte particulièrement les personnes fragiles (âgées, obèses)
  • se transmet particulièrement lors des soins à proximité des voies respiratoires, et donc tout acte anesthésique, ORL, etc. fait courir un risque au soignant
  • mobilise un grand nombre de soignants pour les malades du covid
  • impose des contraintes (isolement, circuits patients, dépistages) qui diminuent la capacité d’accueil de patients

s’agissant d’une menace collective, la réponse ne peut que venir de tous et de chacun, et chaque membre de la collectivité doit être conscient de sa responsabilité pour lui-même et pour les autres.

état actuel

l’actualité épidémique avait conduit le CHRU de Lille comme les autres établissements du territoire entre le 15 mars et début juin environ, à reporter les interventions non urgentes, de façon à pouvoir libérer des places et du temps médical et paramédical pour prendre en charge les malades de l’épidémie, tout en continuant au mieux la prise en charge des pathologies neurochirurgicales urgentes ;

les pathologies pour lesquelles la chirurgie a du être reportée étaient en particulier :

  • les craniosténoses
  • les malformations médullaires
  • les autres intervention non urgentes

pendant cette période, toutes les urgences ont pu être prises en charge dans des conditions normales, ce qui est à mettre au crédit des mesures prises (confinement et déprogrammations) qui ont permis de prioriser en particulier les affections tumorales et autres pathologies d’urgence vitale.


à la suite du déconfinement, toutes les interventions qui avaient dû être reportées ont pu être réalisées sans dommage pour les patients.

les consultations

l’accueil des nouveaux patients et les contrôles post-opératoires ont pu être maintenus tout au long de la période de confinement. cependant, pour limiter les déplacements et contacts de personne à personne, les consultations de contrôle non urgentes ont été reportées, et les contacts téléphoniques, quand cela était possible, ont été utilisés plus largement. depuis, la quasi-totalité des rendez vous reportés ont pu être reprogrammés.

actuellement, la consultation tourne de nouveau à pleine capacité, tout en appliquant les règles d’espacement des patients pour éviter qu’ils se croisent en salle d’attente. ceci requiert une grande discipline de la part des patients comme des soignants.

malgré tout, la situation reste très précaire ; les parents d’enfants qui font le choix de ne pas venir à un rendez-vous proposé et maintenu dans le contexte actuel doivent être conscients du fait :

  • que cela peut être préjudiciable à la bonne prise en charge de leur enfant
  • que les ressources médicales sont déjà sous forte tension, et qu’un rendez vous non honoré aurait pu profiter à un autre enfant
  • que l’évolution de l’épidémie pourra rendre très difficile de proposer un autre rendez-vous ultérieurement

pour les intervention programmées

seules ont été maintenues en période de confinement celles qui entraînaient une compression cérébrale patente, les autres ont été reportées.

pour les craniosténoses

il importe de noter qu’il n’y a le plus souvent pas de perte de chance à reporter la chirurgie de quelques mois.

Malgré tout, pour les scaphocéphalies prévues à l’âge de 4 mois, le report de la chirurgie conduit à changer de plan concernant la technique opératoire (cranioplastie au lieu de craniectomie) qui a lieu à partir de l’âge de 9 mois. ceci signifie pour ces patients un report de date opératoire de 5 mois environ.

le COVID19 et les autres pathologies neurochirurgicales pédiatriques

s’agissant d’un virus et non d’une bactérie, l’infection n’interfère pas avec les systèmes implantés, telles les valves pour l’hydrocéphalie.

par contre, de nombreux patients neurochirurgicaux sont rendus fragiles par leur maladie (troubles respiratoires) ou par les traitements (immuno-dépression) ; pour chaque patient, il revient donc au médecin responsable de déterminer au cas par cas si un rendez vous ou une intervention doit être maintenu ou s’il est préférable de le reporter.

les contraintes actuelles

la prolongation de l’épidémie signifie le passage d’un mode aigu à la chronicité, voire à une forme endémique.

après le 11 mai, la reprise s’est faite progressivement et prudemment dans un contexte d’incertitude car la présence du Covid s’est inscrite pour longtemps dans le paysage sanitaire. Il faut apprendre à vivre avec lui, c’est à dire observer les protocoles permettant de reprendre les activités de soins sans compromettre la santé des patients ni des soignants. le protocole comprend :

  • la stricte limitation des accompagnants : présence d’un des parents, pas de visites
  • l’observance stricte des règles de distanciation sociale (masques, soluté-hydro-alcoolique, espacement)
  • la réalisation des tests de dépistage est la condition sine qua non pour tous les patients anesthésiés à Lille, le test PCR (identification du virus) est effectué soit au CHRU, soit dans un laboratoire agréé, dont la liste est accessible en ligne, 48 heures maximum avant l’anesthésie programmée.

attention : certains laboratoires figurant sur la liste ne font pas le test eux-mêmes mais doivent le déléguer à d’autres laboratoires (souvent le CHRU) avec comme risque que le résultat ne soit pas rendu dans les délais.

et ensuite ?

à la date du 29 Septembre, de nombreux centres dans de nombreux pays, y compris un nombre croissant en France, ont déjà réduit l’activité de chirurgie programmée ; ceci n’est pas encore d’actualité à Lille mais peut survenir sans préavis.

dans l’attente, tout ce qui n’est pas reporté doit être maintenu jusqu’à preuve du contraire, car « ce qui est fait n’est plus à faire » et il paraitrait illusoire de penser que la situation s’améliorera d’ici la fin de l’année scolaire en cours.

la période de confinement et la traumatologie de l’enfant

le confinement a rendu plus aigus les problèmes d’habitat et de cohabitation dans beaucoup de foyers. c’est dire le risque accru de traumatismes par accident domestique et de maltraitance. Le service à Lille a enregistré 4 cas de traumatisme par maltraitance (syndrome du bébé secoué ou battu) et deux défenestrations pendant la durée du confinement.

ci dessous : les statistiques actualisées du nombre de patients hospitalisés pour traumatisme crânien, plus de 2 ans, nourrissons accidentels, et maltraitance nourrisson

stats TC covid
les effectifs sont le nombre de cas pour chaque groupe au cours de la période 15 mars-1er mai, pour chaque année depuis 2010. les traits horizontaux représentent la moyenne 2010-2019 pour les trois groupes ; pendant le confinement, il y a eu moins de traumas chez les plus grands et plus de maltraitance, mais les différences ne sont pas statistiquement significatives. il faut noter que la traumatologie du nourrisson a continué d’être élevée après la fin du confinement, ce qui reflète probablement l’accumulation des tensions familiales et sociales liées au contexte épidémique.

retourner au site

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :